Association cannelle, chrome et carnosine : un intérêt dans le prédiabète

VisuelWebCanelleChromeCarnosine

Objectif de cette étude*

Evaluer les effets d’une supplémentation de 4 mois avec une association cannelle, chrome et carnosine sur la glycémie à jeun de sujets prédiabétiques en surpoids ou obèses.

*Liu et al., JFN, 2013, soumis1

Ce qu’il faut retenir

Une complémentation de 4 mois chez des patients prédiabétiques en surpoids ou obèses âgés de 18 à 65 ans avec une association de cannelle, chrome et carnosine a permis de faire diminuer de façon significative la glycémie à jeun et le pourcentage de masse grasse par rapport aux patients ayant reçu le placebo. Par ailleurs cette diminution de la glycémie a été corrélée au HOMA-B, un indicateur de la fonction des cellules β-pancréatiques.

Le point de vue de l’expert (Amandine Brochot, Dr ès sciences, Larena Santé)

Spéculos, Biscuits de Noël, Vin chaud. Un point commun ? La cannelle. Epice connue depuis l’Antiquité, la cannelle associée à la carnosine et au chrome pourrait aujourd’hui faire partie intégrante de la prévention contre les maladies chroniques. Cette association permettrait d’agir en amont du développement de la maladie avant même que les valeurs de glycémies atteignent les seuils associés à un diabète de type 2. Gardons en tête également que le premier conseil à donner est une réflexion sur le régime alimentaire et l’activité physique du patient. Il n’est donc jamais trop tôt pour agir.

Le contexte

Ces dernières années, le nombre de patients présentant un diabète de type 2 n’a cessé d’augmenter aussi bien en France qu’au niveau mondial. D’après les derniers chiffres de l’OMS, 347 millions de personnes sont diabétiques dans le monde dont près de 4 millions en France.  On sait aujourd’hui que 80% des prédiabètes non-traités évoluent vers un diabète de type 2. La prévention et le dépistage précoce du prédiabète sont donc aujourd’hui des leviers qui pourraient permettre de limiter cette inquiétante escalade de la prévalence de la maladie.

Méthodologie de l’étude

Dans cette étude randomisée en double aveugle, 26 patients prédiabétiques en surpoids ou obèses ont reçu pendant 4 mois deux gélules d’une association de cannelle (456 mg/jour), de chrome (2,5 mg/jour) et de carnosine (200 mg/jour) ou un placebo. La glycémie et l’insulinémie à jeun ont été évaluées à l’inclusion et à la fin de l’étude. A partir de ces valeurs plusieurs paramètres ont été calculés :

  • Le HOMA-B (Homeostasis Model Assessment = HOMA). Il permet d’estimer la fonctionnalité des cellules β pancréatiques chez des patients diabétiques ou non-diabétiques. Un faible indice HOMA-B indique donc un dysfonctionnement au niveau des cellules β. Il se calcule de la manière suivante : (20 x insulinémie)/(glycémie – 3,5) avec Insulinémie en µU/mL et Glycémie en mmol/L
  • Le revised QUICKI (QUantitative Insulin sensitivity Check Index révisé). L’indice Quicki permet de quantifier la sensibilité à l’insuline en se basant sur les concentrations en glucose et en insuline à jeun. L’indice Quicki révisé permet d’ajouter aux valeurs utilisées pour l’indice Quicki la concentration en acides gras non estérifiés (AGNE). Il se calcule de la manière suivante : 1/(log glycémie + log insulinémie + log AGNE) avec la Glycémie en mg/dL, l’insulinémie en µU/mL et les AGNE en nmol/L.

Par ailleurs, la composition corporelle des patients a été évaluée à l’inclusion et à la fin de la période de complémentation par absorptiométrie aux rayons-X.

Résultats

Homéostasie glucidique  (Figure 1)

Après 4 mois de complémentation, une diminution significative de la glycémie à jeun a été observée chez les patients complémentés comparé aux résultats obtenus chez les patients ayant reçu le placebo (p=0,02, Figure 1A). En revanche, aucune diminution des valeurs de l’hémoglobine glyquée n’a été observée. Ce résultat s’explique par le simple fait que les valeurs de l’HbA1c à l’inclusion étaient des valeurs « normales » (HbA1c = 6% à l’inclusion). Les valeurs du HOMA B ont augmenté significativement au cours de la complémentation dans le groupe traité comparativement au groupe non traité (p=0,032). Cette augmentation pourrait refléter une amélioration de la fonction des cellules β-pancréatiques.

Figure1CanelleChromeCarnosine

Figure 1 | A-Evolution de la glycémie à jeun après 4 mois de complémentation dans le groupe placebo et dans le groupe traité (n=26 par groupe) * p=0,02 ; B-Evolution du HOMA-B après 4 mois de complémentation dans le groupe placebo et dans le groupe traité (n=26 par groupe) * p<0,04

Analyse de la composition corporelle (Figure 2)

Au cours de l’étude, les patients complémentés ont perdu 1 kg de masse grasse au profit d’1 kg de masse maigre sans variation de poids. Aucun changement dans leur hygiène alimentaire ou leur activité physique n’a été observé pour expliquer ce résultat. Par ailleurs, ces variations ont été significativement corrélées à l’augmentation de la sensibilité à l’insuline (revised Quicky).

Figure2CanelleChromeCarnosine

Figure 2 | Variation de la masse maigre (MM, p = 0,02) et de la masse grasse (MG, p = 0,026) au cours des 4 mois de complémentation

CONCLUSION

Cette étude clinique réalisée chez l’homme vient conforter les effets individuels de la cannelle, du chrome et de la carnosine. Associés, ils permettent de faire diminuer la glycémie à jeun et de favoriser la fonction des cellules b-pancréatiques chez des patients prédiabétiques. Par ailleurs, pour la première fois, cette association a permis de montrer une augmentation de la masse maigre au dépens de la masse grasse et ce sans modification du régime alimentaire ni même de l’activité physique des patients. Des études avec une durée de complémentation plus longue pourraient être envisagées afin de mettre en évidence un effet dans la prévention du diabète de type 2 chez le patient prédiabétique.

> Téléchargez l’intégralité du ConneXience n°19 – Février 2015

1A dietary supplement containing cinnamon, chromium and carnosine decreases fasting plasma glucose and increases lean mass in overweight or obese pre-diabetic subjects: a randomized, placebo-controlled trial

Yuejun Liu1,2, Aurélie Cotillard1,2, Camille Vatier1,2, Jean-Philippe Bastard1,3, Soraya Fellahi1,3, Marie Stévant4, Omran Allatif1,2,
Clotilde Langlois5, Séverine Bieuvelet5, Amandine Brochot5, Angèle Guilbot5, Karine Clément1,2, Salwa W Rizkalla1,2

  1. Institute of Cardiometabolism and Nutrition (ICAN), Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, Heart and Nutrition Department, Pitié-Salpêtrière Hospital, and Human Nutrition Research Center – Ile de France, 75013 Paris, France;
  2. INSERM, UMR S U1166, Nutriomics, 75013 Paris, France; Sorbonne University, Pierre and Marie Curie University, Paris, France ; 3. Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, Biochemistry and Hormonology Department, Tenon Hospital, 75970 Paris, France ; 4. AdipoPhYt, 75013 Paris, France ; 5. Groupe PiLeJe, 75015 Paris, France.

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