La canneberge efficace sur le taux de récidive d’infections urinaires

VisuelWebCanneberge

Objectif de cette étude*

Chez des sujets présentant un lourd historique d’infections urinaires récidivantes, évaluer le taux de rechute après consommation pendant 24 semaines de canneberge ou d’une boisson placebo.

*Takahashi S et al, J Infect Chemother (2013) 19 : 112-117

Ce qu’il faut retenir

La consommation quotidienne de canneberge (40 mg de proanthocyanidines par jour) pendant 24 semaines, comparé à la consommation d’une boisson placebo, a significativement* réduit le nombre de récidives d’infections urinaires au sein d’une population de femmes avec un lourd historique d’infections urinaires récidivantes.

* chez les plus de 50 ans

Le point de vue de l’expert (Anne Leblanc, Dr ès science, Groupe Larena-Pileje)

  • Cette étude confirme que les infections urinaires récidivantes concernent très majoritairement les femmes (plus de 98% des sujets recrutés), et plus particulièrement les plus de 50 ans (52%).
  • La canneberge est un moyen efficace de prévenir les récidives d’infections urinaires chez les femmes présentant un historique important, en particulier chez les plus de 50 ans.

Le traitement systématique, récurrent et/ou prophylactique par antibiothérapie des sujets ayant des infections urinaires récidivantes ou aigues soulève actuellement des interrogations au sein de la communauté scientifique et médicale. En effet, le recours empirique à l’antibiothérapie dans le traitement des infections urinaires favorise l’apparition de résistances bactériennes. Par ailleurs, les traitements antibiotiques, même de courte durée, ont un impact significatif sur le microbiote intestinal et probablement aussi sur le microbiote vaginal, ce qui pourrait ne pas être sans conséquence en termes de susceptibilité aux infections. La mise au point de mesures préventives alternatives des infections urinaires et de leurs récidives représente donc un enjeu important.

Les recherches menées avec la canneberge ou d’autres candidats, comme les probiotiques ont fait l’objet de résultats très prometteurs. 

La pathologie et son contexte

L’infection urinaire est causée par la prolifération anormale d’agents infectieux qui remontent dans les voies urinaires jusqu’à la vessie. Dans environ 70% des cas, le pathogène impliqué est une souche E.Coli. Elle concerne plus souvent les femmes avec 10% à 20% d’entre-elles concernées chaque année. Les récidives sont également fréquentes puisque 20% des femmes ayant une 1ère infection urinaire en auront une 2nde puis 6% en auront une 3ème. Dans ce dernier groupe, 4/5 seront sujettes à de multiples récidives. Le traitement de l’infection urinaire aigue et/ou récurrente par antibiothérapie soulève actuellement de nombreuses questions en termes de santé et de nombreuses recherches d’alternatives thérapeutiques sont actuellement en cours. Dans ce contexte la canneberge, par sa richesse en pro-anthocyanidines de type A, a fait l’objet de nombreuses études dont les résultats sont prometteurs.

Méthodologie de l’étude

Il s’agit d’une étude randomisée en double aveugle contre placebo. 227 sujets âgés de 20 à 79 ans ayant présenté de multiples récidives d’infections urinaires ont été répartis de manière aléatoire en 2 groupes : le groupe canneberge (C) et le groupe placebo (P).  Les sujets ont consommé 125 mL/jour pendant 24 semaines de canneberge (40 mg d’OPC-A/j) ou d’une boisson placebo le soir au coucher. L’objectif principal était la mesure du nombre de récidives d’infection urinaire.

Les sujets masculins ayant été exclus de l’étude car trop peu nombreux (n=5), les données analysées ont au final concerné 213 femmes ayant bien suivi le protocole, 107 dans le groupe C et 106 dans le groupe P.

Résultats

Dans la population à l’étude, 29,9 % des sujets du groupe C et 35,8% du groupe P ont eu au moins une infection urinaire au cours des 24 semaines, la différence n’étant pas significative. Les données issues des 170 sujets ayant présenté une cystite aigue au cours de l’étude ont été analysées pour évaluer le pourcentage de récidives. Dans cette sous-population, 26,8% des patientes du groupe C et 38,6% des patientes du groupe P ont présenté des récidives, la différence n’étant pas significative.

Pourtant l’analyse spécifique des données issues des femmes de plus de 50 ans (n=118) montre une différence significative du taux de récidive entre les 2 groupes : 29,1% dans le groupe Canneberge versus 49,2% dans le groupe Placebo (p<0,05, figure 1).

Figure1legendeConneXience2

Figure 1 | Pourcentage de récidives chez les plus de 50 ans (n=118)

> Téléchargez l’intégralité du ConneXience n°2 – Avril 2013

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