Perméabilité intestinale : phénotype-dépendante

L’expression et la distribution cellulaire des protéines des jonctions serrées sont altérées chez les patients souffrant d’un syndrome de l’intestin irritable*.

*Bertiaux-Vandaële et al., Am J Gastroenterol. 2011; 106(12):2165-73.
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Objectif de cette étude

Evaluer l’expression des protéines de jonctions serrées chez des patients atteints d’un syndrome de l’intestin irritable (SII) et comparer les variations de cette expression en fonction des troubles du transit, de l’intensité des symptômes et de leur durée.

Ce qu’il faut retenir

La distribution cellulaire et l’expression des protéines de jonctions serrées (ZO-1, occludine et claudine-1) sont affectées chez les patients avec un SII. Il existe également des différences en fonction du phénotype des patients : SII avec prédominance diarrhée (SII-D), prédominance constipation (SII-C), ou alternance diarrhée-constipation (SII-A).

Le point de vue de l’expert (Sophie Holowacz, Dr ès science, Groupe Larena-PiLeJe)

 Deux points importants sont à retenir de cette étude :

  • Le fait que les complexes jonctionnels soient altérés chez les patients avec un SII renforce l’intérêt de proposer à ces patients des nutriments ou micronutriments ayant un rôle démontré sur l’expression des protéines des jonctions serrées tels que les probiotiques*, les prébiotiques, le zinc, le thé vert ou encore la glutamine
  • La nature phénotype-dépendante des altérations souligne l’importance, chez ces patients, d’une prise en charge individualisée s’appuyant à la fois sur les différences observées entre sous-groupes et sur l’historique/l’intensité des symptômes.

* Lactibiane Tolérance reinforces epithelial barrier integrity and improves visceral hypersensitivity induced by stress or colonic perfusion of supernatant from patients with irritable bowel syndrome. Theodorou et al., UEGW, 2012.

La pathologie

Le syndrome de l’intestin irritable (SII) représente la plus fréquente des affections intestinales. Il est caractérisé par une douleur abdominale chronique et/ou une sensation d’inconfort abdominal associée à des troubles du transit. La physiopathologie est multifactorielle et implique une hypersensibilité viscérale, des altérations immunitaires et des facteurs psycho-sociaux. De récentes études suggèrent également que l’augmentation de la perméabilité intestinale est un facteur physiopathologique important au cours du SII, plus particulièrement dans le cadre d’un SII à prédominance diarrhée. Cette hyperperméabilité pourrait être due à des modifications des protéines des jonctions serrées.

Méthodologie de l’étude

Cinquante patients répondant aux critères de Rome III et 33 témoins ont été inclus. Les 3 sous-groupes de SII étaient présents : 38% de patients à prédominance diarrhée (SII-D), 28% à prédominance constipation (SII-C), 30% avec alternance diarrhée-constipation (SII-A), et 4% indifférencié. La douleur a été évaluée à l’aide  d’une échelle visuelle analogique (EVA). L’expression et la localisation des protéines de jonctions serrées, ZO-1, occludine et claudine-1 (Figure 1) ont été évaluées par western blot et immunohistochimie à partir de biopsies coliques.

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Figure 1 | Localisation des protéines de jonctions serrées

Résultats 

L’expression des protéines ZO-1 et occludine était significativement réduite chez les patients avec un SII comparativement aux témoins (0,25 versus 0,50 et 0,50 versus 1,22 respectivement). Dans l’analyse en sous-groupes, l’expression de l’occludine et de la claudine-1 était également diminuée de manière significative chez les patients avec un SII-D mais non modifiée chez les patients avec un SII-C ou un SII-A.

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Figure 2 | Niveaux d’expression de l’occludine

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Figure 3 | Niveaux d’expression de la claudine

De plus, la distribution subcellulaire de ces 3 protéines était altérée de manière plus marquée chez les patients avec un SII-D comparativement aux 2 autres sous-groupes.

L’expression de l’occludine était plus faible :

chez les patients avec un SII récent,

chez les patients ayant une douleur intense (EVA>6) comparé aux autres patients (EVA<6) et aux témoins,

chez les patients obèses comparativement aux patients non obèses

> Téléchargez l’intégralité du ConneXience n°1 – Mars 2013

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